CÉRÉMONIE DU 11 NOVEMBRE

Vous trouverez ci-dessous le discours du Maire pour cette cérémonie.

Entraunes 2018
Centenaire du 11 novembre 1918
La mobilisation générale est décrétée le 1er août 1914, le destin de la petite communauté montagnarde d’Entraunes s’arrête, la vie de ses hommes en âge de prendre les armes va être bouleversée, dix-huit d’entre eux ne reviendront jamais dans leur chère vallée, nombre élevé pour une population d’environ 400 âmes.
C’est à eux que l’on rend hommage aujourd’hui réunis autour de ce monument, érigé par le conseil municipal en 1922 en reconnaissance et en souvenir du sacrifice de leurs vies, pour perpétuer la mémoire des enfants du pays morts glorieusement pour la Patrie pendant la Grande Guerre.
À la veille de la guerre, le village d’Entraunes connaît un nouvel essor après le catastrophique incendie de 1875 et le déclin de la fabrique de drap à la fin du XIXe siècle. L’ouverture de la coopérative laitière de Guillaumes en 1903 offre l’opportunité d’écouler la production laitière d’autant que la route enfin arrivée à Entraunes en 1890 permet de relier la petite commune à son chef-lieu. Grâce à son maire, César Payan, la commune se modernise, entre 1909 et 1912 le réseau d’eau potable a été étendu et amélioré et un réseau d’égout a été construit. En 1914, Entraunes possède enfin son bureau de poste et une cabine téléphonique. Le tourisme estival commence à se développer sous l’impulsion de l’alpiniste Victor de Cessole qui fait découvrir les beautés de la vallée par ses récits d’ascensions. L’hôtel Liautaud accueille les estivants, certains acquièrent des terrains et font construire des résidences comme la villa Engadine ou la villa Noé. La population semble se stabiliser grâce aux grands travaux avec notamment le chantier de construction de la route du col de la Cayolle qui apporte un surplus de population due à la présence d’ouvriers. L’importante réalisation devait être inaugurée le 10 août 1914 par le président de la République, Raymond Poincaré mais l’histoire en décida autrement.
Une grande part des mobilisés d’Entraunes intégra le XVe corps et fut acheminée vers la Loraine en train. Dès le 10 août, ces hommes sont plongés dans l’horreur des combats.
Ils avaient entre 20 et 46 ans, mobilisés dans les régiments d’infanterie, les bataillons de chasseurs alpins, dans la territoriale pour les plus âgés, dans l’infanterie coloniale ou l’artillerie de campagne, morts au combat, des suites de leurs blessures, de maladie, dans l’enfer des tranchées ou noyé au bout du monde avec leur navire, tous si loin de leur terre natale…
Les premiers morts au combat, Charles Blanc et Damien Coste, intégrés comme beaucoup d’Entraunois dans le XVe corps, tombent lors de la contre-offensive allemande dès le 20 août 1914. Les survivants participent à la bataille de la Marne et arrivent en septembre à Verdun. En 1915, dirigé sur la Champagne avec le 38e corps, Alfred Gilloux est mortellement blessé et meurt à l’hôpital militaire Villemin, à Paris, en août. Joseph Payan et Henri Botta restés à Verdun subissent l’assaut des Allemands lors de la bataille de Verdun le 21 février 1916. En défendant le bois et le village de Malancourt, Joseph Payan meurt au combat le 22 mars sur le mamelon d’Haucourt, Joseph Baudoin tombe le 26 juin devant Verdun. Joseph Gallon est tué face à l’ennemi à Massiges en octobre 1916. En 1917, en juillet, Jean-Baptiste Liautaud meurt sur le champ de bataille à Paissy dans l’Aisne, Jules Léotard, le 9 août à Belrupt dans la Meuse, Jean-Baptiste Baudouin, le 1er septembre des suites de ses blessures par éclats d’obus à Verdun, Étienne Liautaud, blessé au combat, décède à l’hôpital militaire de Saint-Roch à Nice en décembre 1917. En 1918, en mai Joseph Louiq est tué au combat à Orvilliers, en juin, Joseph Léotard mortellement atteint, succombe dans l’ambulance. Dernier enfant d’Entraunes tombé à l’ennemi, César Payan, maire du village, soldat d’élite des chasseurs alpins, trouve la mort en essayant de sauver un soldat blessé, le 20 août 1918, lors de la grande offensive alliée de la Somme.
Les conditions inhumaines de la guerre tuent autant que les obus, ainsi Richard Lions, prisonnier au camp allemand de Langensalza meurt lors d’une épidémie de typhus exanthématique qui foudroya une grande partie du camp, en avril 1915. Henri Botta meurt à l’hôpital de Fréjus en janvier 1917 des suites d’une mauvaise grippe, de même que Henri Roubaud, transféré à l’hôpital Saint-Roch où il décède des suites d’une maladie, en décembre 1918 sans avoir pu revoir son village.
Enfin, Auguste Delair, montagnard devenu marin sur le Calédonien, navire réquisitionné par la Marine, fait partie des 51 morts ou disparus fin juin 1917, au large de Port Saïd, lors du naufrage causé par des mines larguées par un sous-marin allemand. Pour clore la liste : Jean Céria pour lequel nous n’avons trouvé aucune information.

Document réalisé en partenariat avec les Archives Départementales.